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La rentrée politique de MACRON… en France

Politique. Pour Macron,
l’après-élection va
réellement commencer
Après un été brûlant, retour au front pour le président. Les chantiers explosifs ne manquent pas. Il faudra pourtant composer avec l’opposition.
—LeSoirBruxelles
La parenthèse aura été de courte durée. Et elle n’aura en rien été enchantée. Après un été brûlant
(pour une fois ce n’est pas une métaphore), marqué par les canicules, la sécheresse, les feux de forêt et les orages meurtriers, Emmanuel Macron retrouvera ce mer- credi son gouvernement pour un copieux Conseil des ministres de rentrée.
Dix semaines après avoir perdu aux légis- latives sa majorité absolue à l’Assemblée nationale, le président doit ixer le cap d’un quinquennat au cours duquel il n’aura pas les coudées franches. Les premières semaines de vie parlementaire, au début de l’été, ont montré à quel point l’Hémicycle avait été transformé en chaudron par une opposition remontée à bloc.
À force de discussions et de compromis, la Première ministre, Élisabeth Borne, a réussi à faire adopter de premiers textes, notamment sur le pouvoir d’achat, avec le renfort de la droite. Mais ce n’était là qu’un avant-goût de ce qui attend l’exécu- tif s’il veut trouver une voie étroite pour réformer. Le plus dur est à venir.
Changement climatique, assurance- chômage, retraites, immigration, sécurité : les chantiers ne manquent pas. Le cocktail
Dans l’immédiat,
le gouvernement pare à l’embrasement sur
le pouvoir d’achat.
est explosif. La majorité sera contrainte de composer avec des forces d’appoint. Elle exclut toujours de négocier avec La France insoumise et le Rassemblement national, rangés dans le même tiroir des radicalités. Il lui faudra dès lors se tour- ner tantôt vers la gauche modérée, tantôt vers les écologistes, tantôt (sans doute le plus souvent) vers Les Républicains pour ne pas être contrainte à l’immobilisme. Mais chacun tirera évidemment la corde dans son sens. La gauche réclamera des augmentations de salaire et des mesures visant les riches, comme la taxation des superproits. La droite voudra qu’on s’at- taque au régalien et à l’assainissement des inances publiques.
Le gouvernement est prêt à accueillir toutes les idées, répètent les ministres. À deux conditions : que les propositions de leurs adversaires ne conduisent ni à aug- menter les impôts ni à creuser la dette. Cela limite les marges de manœuvre…
Pour son deuxième quinquennat, Emmanuel Macron mise surtout sur le travail pour sortir le pays de l’ornière. Avec un chômage actuel à 7,4 %, il vise le plein-emploi. Sa réforme de l’assurance- chômage devrait s’inspirer de ce qui se
d’un continent à l’autre.
france

Courrier international — no 1661 du 1er au 7 septembre 2022
FRANCE. 9
↙ Emmanuel Macron. Dessin de Schrank paru dans The Economist, Londres.
pratique aux États-Unis et au Canada. La protection des demandeurs d’emploi serait lexible en fonction de la conjoncture. La réforme des retraites (potentiellement de la nitroglycérine), annoncée en pleine cam- pagne électorale, est toujours d’actualité. L’âge de départ pourrait monter à 65 ans (contre 62 aujourd’hui) à l’horizon 2030. Et il faudrait avancer sur ce dossier dès l’été 2023, a prévenu Emmanuel Macron lors de son interview du 14 juillet.
Immigration et sécurité. Le change- ment climatique est un autre gros morceau. Il faudra montrer des signes de volonta- risme alors que le ministre chargé de la Transition écologique, Christophe Béchu, a été aux abonnés absents tout l’été pendant que la France brûlait. L’immigration et la sécurité vont aussi enlammer les esprits, avec de nouvelles lois qui seront portées par l’omniprésent ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, formé à l’école sarko- zyste. La tension est déjà montée sur la situation dans les prisons, le garde des Sceaux, Éric Dupont-Moretti, afrontant un “bad buzz” après l’organisation d’un concours de karting opposant les déte- nus et les gardiens à la prison de Fresnes.
Mais c’est sur le plan social que la situa- tion pourrait rapidement se tendre. Les syndicats fourbissent leurs armes pour une journée d’action in septembre. De son côté, Jean-Luc Mélenchon, qui n’est pour- tant plus député, entend toujours fédérer ses troupes. L’ancien candidat Insoumis à la présidentielle, qui se rêvait Premier ministre, appelle à une “grande marche contre la vie chère”.
Dans l’immédiat, le gouvernement pare à l’embrasement sur le pouvoir d’achat. La ristourne sur les prix de l’essence sera pro- longée et même augmentée en cette ren- trée pour limiter l’impact de l’inlation sur les ménages. Mais dès l’année prochaine, il a déjà averti qu’il faudra revoir le bou- clier tarifaire, qui bloque actuellement pour tous les prix du gaz et de l’électricité.
L’équation politique s’annonce redou- table. C’est pourquoi Emmanuel Macron évitera à tout prix d’y aller “à la hussarde”. “Jupiter”, dont les Français reprochaient l’arrogance lors du premier quinquennat, est décidé cette fois à avancer avec une pru- dence de Sioux. Un changement radical de méthode est annoncé, avec de la discus- sion à tous les étages. Le fameux Conseil national de la refondation (CNR), perçu par beaucoup comme un gadget pendant la campagne électorale, sera ainsi bel et bien lancé dès le 8 septembre. Mais ce cénacle, qui vise à rassembler les forces vives de la nation (partis, partenaires sociaux, associa- tions, citoyens) pour réléchir aux grands enjeux, est déjà boycotté par une partie de l’opposition politique. Ça commence fort…
—Joëlle Meskens
Publié le 23 août
Les Français sont-ils prêts à payer le “prix de la liberté” ?
● Réclamer plus de “sobriété énergétique” lors d’une interview le 14 juillet, annoncer la menace
de “cataclysmes climatiques dévastateurs” à Bormes-les- Mimosas le 17 août, puis proclamer “la in de l’abondance” en ouverture du Conseil des ministres,
une semaine plus tard : Emmanuel Macron “a terminé ses vacances d’été et repris le chemin du travail avec la volonté de préparer le pays
à un hiver qui s’annonce rude”, entre inlation galopante et crise énergétique, écrit le journal britannique The Spectator.
Mais plus que ces discours
aux “accents churchilliens”, le titre conservateur remarque que
le président français assimile
les eforts auxquels vont devoir consentir les Français à une lutte pour la défense de la liberté.
Élisabeth Borne marque des points
●●● On ne donnait pas cher d’elle
au moment de sa nomination
à Matignon. Trop “techno”, pas assez politique, pas assez charismatique. Après ses premiers mois à la tête
du gouvernement, force est
de constater qu’Élisabeth Borne résiste. Mieux : la Première ministre gagne les faveurs de l’opinion.
Ce n’est pas un raz-de-marée
en sa faveur, mais, selon un sondage
de l’Ifop, elle dépasse Emmanuel Macron, avec 41 % de Français satisfaits (+ 3 points), contre 37 % (– 1 point)
pour le président. Selon Frédéric Dabi, directeur général de l’institut
de sondages, c’est son sérieux
qui convainc.
SUR NOTRE SITE
courrierinternational.com
Retrouvez toute l’actualité politique française décryptée par la presse étrangère
dans notre rubrique “La France vue de l’étranger”.
“Les Français sont-ils prêts
à payer le prix ixé par Macron ?”
se demande l’hebdomadaire.
De fait, il sera diicile de demander aux quelque 14 % de Français vivant sous le seuil de pauvreté
de se serrer encore plus la ceinture, ironise The Spectator. D’autant
que beaucoup d’entre eux exècrent le mépris dont le chef de l’État lui-même a pu se rendre coupable. Macron s’est en efet distingué
par des sorties maladroites :
quand il promettait d’“emmerder” les non-vaccinés, qu’il qualiiait les Français de “Gaulois réfractaires” ou qu’il leur suggérait de “traverser la rue” pour trouver du travail. Surtout, demander plus d’eforts
aux citoyens est délicat quand
ces derniers demeurent éprouvés par la pandémie et des restrictions perçues comme injustes. “Tout
au long de la crise du Covid, on s’est ému en Occident d’un ‘deux poids, deux mesures’ entre, d’un côté,
les riches et les puissants, et
de l’autre tous les autres. Le monde politique a continué à faire la fête et à sillonner la planète en jet ;
des soirées chics nous ont donné
à voir tout le gratin, sans masque, servi par un personnel masqué, lui. Retrouvera-t-on ce même apartheid social cet hiver, quand la crise
du pouvoir d’achat commencera à
se faire plus pressante ?” La patience des Français “a des limites”, conclut le titre, “et cet hiver nous dira
si les peuples sont prêts, une fois encore, à mettre la main à la poche pour défendre leur liberté”.

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Publié par q8a88naxen

Conseil en stratégie d’entreprise Coaching

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